Image de fond numéro 1 Image de fond numéro 2 Image de fond numéro 3
 
A C T U A L I T É S
20e anniversaire
 

juillet 2026

Capsule n°7:
«Les crus: ces villages qui ont la cote»
 

juin 2026

Capsule n°6:
« Les millésimes: entre garde, rareté et diversité »

mai 2026

Capsule n°5:
« Millésimés vs non millésimés : trajectoires    distinctes, évolution partagée »

avril 2026

Capsule n°4:
« Notre corpus : miroir d’une Champagne en pleine    mutation »

mars 2026

Capsule n°3:
« Ce que vingt ans de dégustations révèlent du    corpus »

février 2026

Capsule n°2:
« Le secret du dosage »

janvier 2026

Capsule n°1:
« Une aventure collective »

" Vingt ans déjà "


Juillet 2026: Capsule n°7
« Les crus: ces villages qui ont la cote»

En Champagne, un « cru » désigne un village dont les raisins sont cotés entre 80 et 100 % en fonction de la valeur attribuée à son terroir. Longtemps utilisée pour fixer le prix des raisins, cette échelle a été supprimée par l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) en 1990, puis par l’interprofession en 2003. Elle reste toutefois un repère essentiel pour comprendre l’identité des villages champenois.

La classification distingue trois catégories :

Pour qu’un champagne puisse revendiquer la mention « Grand Cru » ou « Premier Cru », tous les raisins doivent provenir de villages classés dans l’une de ces catégories. Contrairement à une idée répandue, le lieu de pressurage n’a aucune incidence sur cette mention : seule l’origine des raisins compte.

Dans notre corpus de 281 champagnes dégustés sur vingt ans, les AC dominent (62 %) devant les GC (24 %) et les PC (14 %). La comparaison entre les deux décennies, 2006-2015 et 2016-2025, montre une évolution nette : la part des villages AC recule (66 %59 %), celle des GC progresse (19 %28 %) et celle des PC reste stable (14 %). Tous les crus « s’assèchent » (baisse du dosage), avec une progression spectaculaire des bruts nature dans les PC (042 %).

Cette évolution redéfinit les styles. Les assemblages, dominants au début, cèdent du terrain aux cuvées identitaires. Les GC renforcent les blancs de blancs (44 %56 %), les PC affirment les blancs de noirs (0 %37 %), et les AC évoluent plus doucement (BdB 17 %20 %, BdN 10 %16 %).

Les cépages confirment ces mouvements : le chardonnay s’impose dans les GC (55 %72 %), tandis que le pinot noir et le meunier gagnent du terrain en PC (14 %32 %, 5 %16 %). Dans les AC, le meunier progresse légèrement (12 %17 %), tandis que le chardonnay et le pinot noir se stabilisent autour de 35 %.

En vingt ans, le paysage champenois s’est précisé : réduction des dosages, montée en puissance des styles identitaires et affirmation des signatures territoriales, portées par l'évolution des cépages dans chaque catégorie de crus.

Johanne Delisle
Johanne Delisle Chroniqueuse