21 août 2026
« Échos de la Champagne »

« Le Champagne au Féminin : carnet d'une virée printanière »
Le champagne se conjugue de plus en plus au féminin. En ce début de mai 2026, j'ai mis le cap sur ma région fétiche, la Champagne, en compagnie de ma conjointe et de mes deux grandes filles.
Si ces dernières y posaient les pieds pour la première fois, elles connaissaient déjà la ferveur de leur père pour le champagne dans toutes ses expressions. Notre premier arrêt nous mène à Reims, chez Pommery, où nous admirons les magnifiques caves crayeuses ornées de bas-reliefs sculptés dans la roche. C'est ici, en 1858, que Jeanne Alexandrine Louise Mélin, « Madame Pommery », devenue veuve, a pris les rênes de la maison pour lui donner son essor historique. La visite terminée, nous prenons la route d'Épernay où nous y passerons la nuit. À la sortie de Reims, nous croisons du regard la maison Veuve Clicquot, une autre grande dame dont l'audace a marqué l'histoire du vin de Champagne.
Au réveil, nous gagnons Hautvillers, ce village suspendu d’où Dom Pérignon a élevé l'art de l'assemblage à son apogée. Dans la rue Bacchus, la maison Jean-Philippe Bosser nous ouvre ses portes. Nous y sommes accueillis par Christelle, digne représentante de la cinquième génération de cette famille de vignerons à veiller sur le domaine. De la cuverie aux lignes d’habillage, elle nous guide à travers toutes les étapes de l'élaboration jusqu’au moment tant attendu : la dégustation. Le Blanc de Blancs (dosé à 6 g/l) ainsi que le Rosé (composé de 50 % de Pinot Noir, dont une partie est vinifiée en rouge) séduisent immédiatement toute la famille. Au-delà des cuvées, c'est la passion vibrante de notre hôte qui nous captive. Un detail pratique retient également mon attention d'amateur : leur carton de six bouteilles est conçu avec une ingéniosité remarquable.
Après une flânerie dans ce berceau historique, nous rejoignons la prestigieuse avenue de Champagne à Épernay. Le dîner chez Perrier-Jouët s'accompagne, comme il se doit, d'une coupe de la maison, puis nous traversons l'avenue pour explorer le musée du champagne et parfaire notre culture œnologique.
Le lendemain matin, une halte chez Champagne Nicolas Feuillatte nous réserve une surprise culturelle. Notre guide, une jeune Japonaise, est si éprise par le champagne qu'elle a choisi de s'expatrier pour vivre sa passion au cœur du vignoble. Bien que la marque « Nicolas Feuillatte » soit familière de nos tables, nous découvrons deux cuvées confidentielles, introuvables à la SAQ, que nous achetons aussitôt pour les ramener dans nos valises.
Nous mettons ensuite le cap au sud, en direction de Celles-sur-Ource, dans l'Aube. Sur cette Côte des Bar que j'affectionne, une statistique nous laisse pantois : la commune compte 30 vignerons pour seulement 501 habitants. Un véritable paradis pour les membres de la Fratrie ! Chez Didier Langry, l'accueil est d'une générosité immense. Pauline, qui représente la deuxième génération aux côtés de son frère, nous propose une immersion totale : elle nous emmène en voiture au cœur des coteaux pour contempler le magnifique paysage viticole. De retour au domaine, nous dégustons la gamme des vins accompagnée de savoureuses spécialités régionales. Marquée par le partage et la convivialité, cette première visite ne sera certainement pas la dernière, d'autant qu'un projet de chambres d'hôtes « couette et café » se profile au domaine.
Le Champagne au Féminin : plus qu'un titre, ce fut le fil d'Ariane de notre périple. De Madame Pommery à la Veuve Clicquot, en passant par Christelle, Pauline et la jeune Japonaise, cette excursion familiale a mis en lumière le rôle essentiel des femmes dans l'élaboration de ce grand vin et la transmission de ce savoir-faire de génération en génération.

